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Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est régulièrement accusé d’être « surdiagnostiqué » ou « à la mode ». Pourtant, les données récentes issues du British Journal of Psychiatry ne confirment pas l’idée d’un surdiagnostic massif au niveau de la population générale au Royaume‑Uni. Les auteur·rice·s insistent plutôt sur la complexité du sujet et sur les risques d’oppositions caricaturales entre « trop de diagnostics » et « pas assez de diagnostics »

Article : https://lnkd.in/dCrUHeqC

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Date : 14/04/2026

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Surdiagnostic, de quoi parle-t-on réellement ?

On parle de « surdiagnostic » lorsque la fréquence des diagnostics posés dans les services de soins (ce qu’on appelle la prévalence administrative) dépasse nettement la fréquence attendue dans la population générale lorsqu’on utilise des évaluations rigoureuses et standardisées. Cela peut arriver lorsque les critères diagnostiques ne sont pas appliqués avec suffisamment de rigueur, lorsque des symptômes non spécifiques sont interprétés trop rapidement comme du TDAH ou lorsque les diagnostics reposent sur des auto-questionnaires sans évaluation clinique complète.

Certaines personnes présentant des symptômes légers ou subcliniques peuvent alors recevoir un diagnostic qui apportera peu de bénéfices, voire des effets indésirables (stigmatisation, traitements médicamenteux inadaptés, focalisation excessive sur le TDAH au détriment d’autres problèmes).

Ce que montrent les données : pas de preuve d’un surdiagnostic généralisé

Les données disponibles au Royaume‑Uni ne montrent pas, à ce jour, de preuve d’un surdiagnostic massif du TDAH à l’échelle de la population. L’augmentation du nombre de diagnostics observée dans les bases de données de santé semble surtout refléter une meilleure connaissance du trouble, un accès accru aux soins, et une sensibilisation plus grande des familles, des professionnel·le·s de l’éducation et de la santé.

En parallèle, lorsqu’on compare la prévalence attendue du TDAH dans la population et le nombre réel de personnes diagnostiquées et prises en charge, un écart persiste : une proportion importante de personnes avec un TDAH avéré ne serait toujours pas identifiée ni traitée. Autrement dit, le problème majeur semble être autant, voire davantage, celui d’un sous‑diagnostic et d’un manque de prise en charge adéquate, plutôt que celui d’un excès de diagnostics.

Oui, des erreurs de diagnostic existent

L’absence de preuve de surdiagnostic généralisé n’implique pas que tous les diagnostics soient fiables. Des erreurs de diagnostic peuvent survenir dans plusieurs situations :

  • Évaluation trop rapide, sans entretien clinique détaillé ni recueil d’informations auprès de plusieurs sources (famille, école, travail).

  • Application approximative des recommandations nationales ou internationales.

  • Non‑prise en compte de diagnostics différentiels (troubles anxieux, dépression, troubles du spectre de l’autisme, troubles du sommeil, difficultés liées à l’environnement, etc.).

  • Situation de « bénéfice secondaire » potentiel (par exemple, demande d’aménagements scolaires ou professionnels) qui peut conduire à sur‑interpréter certains symptômes.

Ces situations relèvent davantage d’un mauvais diagnostic (misdiagnosis) que d’un surdiagnostic au sens épidémiologique du terme. Elles rappellent l’importance d’une évaluation clinique complète, pluridisciplinaire et contextualisée.

Les enjeux éthiques : ne pas nier les besoins des personnes avec TDAH

Les auteurs attirent l’attention sur un risque : que le discours médiatique autour du « surdiagnostic » soit utilisé pour justifier des politiques restrictives, une limitation des prescriptions ou un désengagement des services spécialisés. Or le TDAH non traité est associé à un risque accru de difficultés scolaires, professionnelles, relationnelles, ainsi qu’à des comorbidités psychiatriques et à des conduites à risque.

Refuser ou retarder un diagnostic et une prise en charge alors que les critères sont remplis représente un enjeu éthique majeur, car cela prive les personnes concernées de soins dont l’efficacité est documentée. L’objectif n’est donc pas de « diagnostiquer plus » ou « diagnostiquer moins », mais de diagnostiquer mieux : de façon rigoureuse, nuancée et individualisée.

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Ce que cela signifie pour les jeunes accompagné·e·s par JENESIS

Pour les jeunes adultes et leurs proches, ces données apportent plusieurs messages clés :

  • Le TDAH n’est pas simplement un « effet de mode » : c’est un trouble dont l’existence et l’impact sont bien documentés scientifiquement.

  • Il n’y a pas aujourd’hui de preuve solide d’un surdiagnostic massif, mais plutôt d’un besoin de soins encore largement non couvert pour une partie des personnes concernées.

  • Une démarche d’évaluation sérieuse vise autant à éviter les faux positifs (diagnostics posés à tort) qu’à réduire les faux négatifs (personnes qui auraient besoin d’aide mais ne sont pas identifiées).

  • Le diagnostic ne doit jamais se limiter à une étiquette : il s’inscrit dans un projet de soin plus global, incluant psychoéducation, aménagements, accompagnement psychologique et, si nécessaire, traitement médicamenteux.

Dans cette perspective, les équipes comme JENESIS‑Transition ont un rôle clé : proposer des évaluations complètes, co‑construites avec les jeunes et leurs proches, et articuler avec un accompagnement personnalisé plutôt qu’avec une vision simpliste du TDAH comme « trop » ou « pas assez diagnostiqué ».

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